Synode, Conoèse et Kénose - Par Google

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Homonymie|Co-noèse|Kénose'

Introduction à la synodalité

La synodalité vient du grec syn (ensemble) et hodos (chemin). C'est la démarche qui invite tous les membres de l'Église (laïcs, prêtres et évêques) à marcher ensemble, à s'écouter et à partager la coresponsabilité de la mission chrétienne. Ce renouveau est particulièrement mis en avant par le pape François.

Les grands principes

  • Marcher ensemble : Avancer unis dans la même foi vers le même but.
  • Écoute mutuelle : Prêter attention à la voix de chaque baptisé, guidé par l'Esprit Saint.
  • Coresponsabilité : Participer activement à la vie et aux décisions de la communauté ecclésiale.
  • Conversion pastorale : Transformer les habitudes pour rendre l'Église plus ouverte et proche de tous.

Les aspects pratiques

  • Dialogue régulier : Créer des espaces d'échange au niveau des paroisses et des diocèses.
  • Discernement collectif : Chercher ensemble ce que Dieu attend de l'Église aujourd'hui.
  • Assemblées synodales : Tenir des réunions de consultation à l'échelle mondiale.

Historique de la tradition synodale

La tradition de la synodalité n'est pas une invention moderne, mais trouve ses racines dès les premiers temps du christianisme. Elle a évolué à travers plusieurs grandes étapes :

1. Les origines bibliques et l'Antiquité chrétienne

  • Le prototype de Jérusalem : Au Ier siècle, les Apôtres se réunissent pour trancher la question de l'intégration des païens à la foi chrétienne. Ce « Concile de Jérusalem » pose les bases du discernement communautaire.
  • L'Église des Pères : Saint Cyprien de Carthage au IIIe siècle soutient qu'un évêque ne doit rien décider sans le conseil des prêtres et le consensus du peuple.
  • La règle des synodes réguliers : En 325, le Premier concile de Nicée ordonne aux évêques de tenir des synodes locaux deux fois par an pour régler les conflits régionaux.

2. Le Moyen Âge et l'époque moderne

  • La centralisation romaine : Au fil des siècles, l'Église catholique d'Occident renforce le pouvoir pontifical. Les synodes deviennent des outils de transmission des décrets de Rome plutôt que des lieux de débat.
  • Le Concile de Trente (XVIe siècle) : Pour contrer la Réforme protestante, ce concile réimpose la tenue annuelle de synodes diocésains. L'objectif est de réformer les mœurs du clergé et d'instruire les fidèles.
  • Le recul au XIXe siècle : En 1870, le concile Vatican I proclame le dogme de l'infaillibilité pontificale. La centralisation atteint son maximum et la pratique synodale décline fortement.

3. Le renouveau contemporain

  • Le concile Vatican II (1962-1965) : Ce concile redécouvre l'Église comme « Peuple de Dieu ». Il remet en avant le concept de collégialité et la dignité baptismale de chaque fidèle.
  • La création du Synode des évêques (1965) : Le pape Paul VI crée une structure permanente pour que des évêques du monde entier viennent régulièrement conseiller le pape à Rome.
  • Le tournant du pape François : Avec le Synode sur la synodalité, le processus s'élargit à l'ensemble des catholiques. Pour la première fois dans l'histoire moderne, des laïcs (hommes et femmes) obtiennent le droit de vote lors de l'assemblée finale à Rome.

Distinction sémantique : Co-noèse et Synodalité

La différence fondamentale réside dans leur nature et leur champ d'application : la co-noèse est un processus philosophique d'unification des esprits par la pensée commune, tandis que la synodalité est une démarche ecclésiale de gouvernance et de marche partagée sous la conduite de l'Esprit Saint.

1. La Co-noèse : L'union par la pensée

Le terme dérive de la racine philosophique grecque noêsis (l'intellection, l'acte de penser) combinée au préfixe co- (ensemble).

  • Définition : Convergence ou mise en commun des facultés intellectuelles et cognitives. C'est l'expérience de penser ensemble, d'accorder les intelligences pour parvenir à une même conscience ou vision conceptuelle.
  • Champ d'action : Principalement philosophique, phénoménologique ou psychologique. Elle décrit la manière dont les esprits individuels s'articulent ou s'unissent dans un même acte de connaissance.

2. La Synodalité : Le cheminement de tout un peuple

Le terme dérive du grec syn-hodos (le chemin parcouru ensemble).

  • Définition : Manière d'être et de vivre en Église. Elle engage la coresponsabilité de tous les baptisés (laïcs et clercs), invités à s'écouter mutuellement pour discerner ensemble les orientations de la communauté chrétienne.
  • Champ d'action : Strictement théologique, pastoral et ecclésial. Elle dépasse la simple réflexion intellectuelle pour s'incarner dans une pratique institutionnelle et spirituelle.

Tableau comparatif

Critère Co-noèse Synodalité
Étymologie Co (avec) + Noêsis (intelligence/pensée) Syn (ensemble) + Hodos (chemin)
Objectif Parvenir à une pensée ou perception commune Vivre une mission et un discernement communs
Domaine Philosophie / Sciences cognitives Théologie / Vie de l'Église
Moteur L'exercice partagé de la raison humaine L'écoute mutuelle guidée par l'Esprit Saint

L'articulation entre Kénose et Co-noèse

L'articulation entre ces deux notions pose un dilemme philosophique majeur. La kénose (du grec kenosis, le dépouillement de soi) apparaît comme une condition nécessaire à la co-noèse, tout en risquant d'en devenir l'obstacle par un effet d'« auto-conjugaison ».

Le besoin de kénose pour la co-noèse

  • L'obstacle de l'ego : Si l'esprit est saturé par son propre savoir ou son besoin d'avoir raison, il est hermétique. La pensée reste individuelle et close.
  • L'ascèse mentale : La kénose consiste à faire le vide en soi. Elle devient une discipline intellectuelle qui libère l'espace intérieur nécessaire pour recevoir la pensée d'autrui sans chercher immédiatement à la juger.
  • La résonance : Une fois les esprits "allégés" de leurs préjugés par ce détachement, la co-noèse s'opère non comme une simple juxtaposition d'idées, mais comme une véritable communion de pensée.

Le paradoxe de l'auto-conjugaison

Objection : Si la kénose implique un détachement total, comment peut-on conjuguer ce à quoi l'on ne tient pas ? Si l'on ne tient à rien, la pensée s'annule et la co-noèse devient impossible, car on ne peut pas conjuguer le vide.

Pour lever ce paradoxe, il convient de distinguer deux postures :

  1. Tenir à quelque chose (L'attachement possessif) : C'est l'ego ou la volonté de puissance. Quand on « tient trop à » son idée, on la transforme en idole ou en arme. On refuse la conjugaison, on cherche à l'imposer. La kénose élimine cet attachement.
  2. Tenir quelque chose (La conviction substantive) : C'est l'expérience, l'identité singulière et la conviction profonde. La kénose laisse cette substance intacte. À l'image de la kénose christologique où le Christ ne cesse pas d'être Dieu mais renonce aux attributs de sa gloire, le penseur renonce à la domination, pas à son existence.

L'hospitalité cognitive

La co-noèse exige ainsi une hospitalité réciproque qui repose sur un double mouvement :

  • Porter une intuition forte et structurée pour pouvoir l'offrir au dialogue (tenir la pensée).
  • Accepter que cette intuition soit modifiée, complétée ou fécondée par celle de l'autre (ne pas y tenir jalousement).

La co-noèse n'est donc pas le mariage de deux néants par auto-annulation, mais l'articulation de deux forces intellectuelles qui déposent leurs armures pour s'unir dans une conscience supérieure.

Voir aussi

Catégorie:Théologie catholique Catégorie:Philosophie de la connaissance