Quadruple Hélice suite suite
Théorie des Quatre Hélices de l’Innovation : Contexte & Évolution
Origine
La théorie des quatre hélices est une évolution du modèle de la Triple Hélice proposé par Etzkowitz & Leydesdorff (1995), qui reposait sur la collaboration entre :
- Université : production de connaissances
- Industrie : transformation en innovations économiques
- Gouvernement : cadre réglementaire, financement
Ajout de la 4e hélice
Dans les années 2000, les limites du modèle de la triple hélice sont apparues, notamment l'absence d’intégration des citoyens et de la société civile dans les processus d’innovation. D’où l’émergence de la théorie des quatre hélices, intégrant une quatrième dimension :
- Société civile (citoyens, ONG, médias, culture) : comme acteurs co-créateurs d’innovation, et non simples bénéficiaires.
Changement de paradigme
Ce modèle illustre :
- Le passage d’une innovation fermée et linéaire à une innovation ouverte, participative et en réseau.
- Une démocratisation de l’innovation (les idées émergent aussi "d’en bas").
- Une importance croissante des valeurs sociétales (durabilité, inclusion, numérique...).
Les 4 Hélices du Modèle (Carayannis & Campbell, 2009)
| Hélice | Rôle principal | Exemples |
|---|---|---|
| Université | Génération de connaissances | Universités, centres de recherche |
| Industrie | Application commerciale | Startups, PME, grandes entreprises |
| Gouvernement | Régulation et soutien | Politiques publiques, financement |
| Société civile | Participation sociétale | ONG, citoyens, médias, associations |
Pourquoi ce modèle dans les années 2000 ?
- Émergence de l’innovation sociale
- Montée en puissance des usagers actifs (ex. Fab Labs, open source)
- Développement des réseaux numériques facilitant la co-création
- Volonté de répondre aux enjeux sociétaux (climat, inclusion, santé...)
Références clés
- Carayannis, E. G., & Campbell, D. F. J. (2009). ‘Mode 3’ and ‘Quadruple Helix’: toward a 21st-century fractal innovation ecosystem. International Journal of Technology Management, 46(3/4), 201–234. DOI
- Etzkowitz, H., & Leydesdorff, L. (2000). The dynamics of innovation: from National Systems and 'Mode 2' to a Triple Helix of university–industry–government relations. Research Policy, 29(2), 109–123. DOI
Voir aussi
Tableau comparatif des applications du modèle des quatre hélices (2025–2026)
| Auteurs | Année | Pays / Région | Secteur d’application | Points saillants | Lien |
|---|---|---|---|---|---|
| Al-Maadeed & Mohamed | 2026 | Qatar | Enseignement supérieur | Transformation des universités traditionnelles en hubs entrepreneuriaux grâce à l’hélice quadruple. | Lire l’article |
| Bayon & Vertes | 2026 | International | Bio-ingénierie & santé | Intégration des parties prenantes sociétales dans le développement de thérapies avancées. | Lire l’article |
| Teixeira & Szejka | 2025 | Brésil | Modélisation de l’innovation | Comparaison entre les modèles triple, quadruple et quintuple hélice dans les pays émergents. | Lire sur IEEE |
| Hamid | 2025 | Ukraine | Politiques nationales | Le modèle est utilisé comme levier pour la croissance durable et les systèmes d’innovation nationaux. | |
| Yang & Park | 2025 | Chine | Écosystèmes industriels | Analyse de l’évolution du modèle Triple vers Quadruple Hélice dans le contexte chinois. | Lire sur Sage |
| Piqué Huerta et al. | 2025 | États-Unis | Startups & innovation territoriale | Étude de la Silicon Valley : coévolution des acteurs hélicoïdaux. | Lire l’article |
| Ricardo & Sepe | 2025 | Italie | Urbanisme universitaire | Application du modèle pour créer des campus “15 minutes” intégrés à la ville. | |
| Andriienko | 2025 | Europe de l’Est | Politique industrielle | Redéfinition des modèles d’innovation pour les économies en transition. | Lire sur Baltija Publishing |
| Carayannis & Preissler | 2025 | États-Unis | Haute technologie / IA | Extension au modèle quintuple avec intégration de l’IA dans les semi-conducteurs. | Lire sur ScienceDirect |
| Ali et al. | 2025 | Inde / Pakistan | Innovation et développement | Étude comparative : défis culturels dans l’adoption du modèle dans les pays en développement. | PDF SSRN |
Le modèle des quatre hélices est-il dépassé ? Analyse critique à la lumière du G7 Science 2019
Contexte : G7 Science 2019 et reconnaissance de la « recherche hors murs »
La Déclaration conjointe des académies des sciences du G7 (2019) met en lumière :
- L’importance croissante de la science citoyenne ;
- La reconnaissance de la recherche hors institutions ;
- Le besoin de soutenir des infrastructures ouvertes et inclusives.
Exemples de formes émergentes :
- Citizen-led research
- DIY science
- Recherche participative communautaire
- Open science grassroots
| Modèle | Acteurs principaux | Limites actuelles |
|---|---|---|
| Triple Hélice | Université, Industrie, Gouvernement | N’intègre pas la société civile |
| Quadruple Hélice | Ajout de la société civile | Société civile institutionnalisée (ONG, associations) – pas de place pour les collectifs citoyens horizontaux |
| Quintuple Hélice | Ajout de l’environnement | Modèle encore centré sur des structures formelles |
| Sextuple Hélice (proposé) | + Culture, réseaux, IA | Plus inclusif, mais encore flou et peu adapté à la recherche auto-organisée |
Vers de nouveaux modèles ?
Les chercheurs proposent :
- Des modèles polycentriques (sans centre hiérarchique)
- L’ajout d’un 6e acteur : collectifs informels, plateformes numériques
- Une reconnaissance des communs de la connaissance
Références
- G7 Science Academies (2019). Citizen Science: Innovation in Open Science, Society and Policy. Lien
- Schütz, F., Heidingsfelder, M. L., & Schraudner, M. (2019). Transdisciplinary Research in the Helmholtz Association.
- Carayannis, E. G., & Campbell, D. F. (2021). Quadruple and Quintuple Helix Innovation Systems. Springer.
Conclusion
> Le modèle Quadruple Hélice reste institutionnalisé et ne reflète pas pleinement la production citoyenne et décentralisée de savoirs.
Un futur modèle devrait intégrer :
- La décentralisation scientifique ;
- Des structures distribuées de contribution ;
- Des infrastructures numériques ouvertes.
Remodéliser l’innovation pour intégrer la recherche « hors murs » (2020–2026)
Contexte
Les efforts récents s’orientent vers :
- Une reconnaissance de la science informelle, communautaire ou décentralisée
- Des modèles d’innovation ouverts et multi-acteurs
- L’émergence d’écosystèmes contributifs numériques
Articles récents
| Auteurs | Année | Titre | Contribution principale | Lien |
|---|---|---|---|---|
| Hohenthal, J. et al. | 2023 | Co-producing knowledge outside the walls | Comment la science citoyenne reconfigure les systèmes d’innovation. | [1] |
| Leclercq-Vandelannoitte, A. | 2022 | Digital commons | Innovation par les communs numériques, hors institutions. | [2] |
| Kullenberg & Kasperowski | 2021 | What is Citizen Science? | Définition du champ autonome de la science citoyenne. | [3] |
| Hecker et al. | 2022 | Innovation by citizens | Modèles expérimentaux ouverts de recherche participative. | [4] |
| Biagi & Molnár | 2024 | Inclusive knowledge ecosystems | Gouvernance ouverte pour intégrer makerspaces, Fablabs, indépendants. | [5] |
| Dickel & Franzen | 2021 | Citizen Science Between Innovation and Bureaucracy | Dénonciation de l’institutionnalisation bloquante. | [6] |
| König, T. | 2025 | Open knowledge ecosystems | Approche post-institutionnelle horizontale. | [7] |
Modèles alternatifs
| Modèle | Caractéristiques |
|---|---|
| Innovation polycentrique | Sans centre fixe, intégrant institutions, citoyens, IA, communs numériques. |
| Modèle distribué des communs numériques | Basé sur les plateformes open source comme GitHub, Wikipédia. |
| Système ouvert de co-connaissance | Rejet du contrôle institutionnel, diversité épistémique, contributions horizontales. |
Conclusion
Un tournant se dessine :
- Intégration de la science citoyenne hors murs
- Priorité aux structures ouvertes et distribuées
- Décloisonnement des logiques classiques de l’innovation
À explorer
- Innovation ouverte distribuée
- Communs numériques
- Épistémologies citoyennes
- Cartographie des savoirs non-institutionnels
Fondation MontpeLLIA et science citoyenne : vers une architectonie libre
1. Contexte stratégique
La Déclaration du G7 de 2019 appelle explicitement à :
- Promouvoir des systèmes d'information documentant les projets de science citoyenne.
- Créer une plate-forme internationale commune (sous l’égide, par exemple, du Conseil international de la science (ISC)) pour la collecte et la diffusion des informations relatives à ces projets.
- Faire de la science citoyenne elle-même un objet de recherche en sciences humaines et sociales.
Face à cette invitation, le collectif montpelliérain **MontpeLLIA** propose une réponse ambitieuse, enracinée localement et rayonnante globalement : la création d'une **Fondation MontpeLLIA**, conçue comme espace de co-construction des savoirs et de reconnaissance de la recherche hors-murs.
2. Hypothèse centrale : l’architectonie libre
Le projet repose sur une conception innovante de l’organisation des connaissances : l’architectonie libre.
Cette notion désigne :
- Une structuration souple, ouverte et relationnelle des savoirs ;
- Une vision post-disciplinaire qui abolit les cloisons entre science institutionnelle et recherche citoyenne ;
- Un cadre conceptuel qui permet d’articuler les **mnèmes individuels** (au sens de Richard Semon) et les **diktyomnèmes collectifs** (au sens de mémoire-réseau inspirée d’André-Marie Ampère).
3. Objectifs stratégiques de la Fondation MontpeLLIA
| Axe stratégique | Finalité |
|---|---|
| Documentation systémique | Mise en place d’un système d’indexation sémantique et narrative des projets de science citoyenne |
| Transversalité | Connexion entre données scientifiques, récits expérientiels et savoirs situés |
| Réflexivité critique | Faire de la science citoyenne un champ d’analyse pour les SHS |
| Plateforme G7 expérimentale | Prototypage d’un dispositif numérique collaboratif et interopérable |
| Ancrage local, rayonnement global | Montpellier comme territoire laboratoire de la recherche participative |
4. Cadre épistémologique : la science hors-murs
La Fondation MontpeLLIA s’inscrit dans une philosophie de la science ouverte, caractérisée par :
- La reconnaissance des **contributions non académiques** comme savoirs à part entière ;
- L’activation de **réseaux de mémoire** (diktyomnèmes) dans la documentation et l’analyse ;
- Une attention portée à la **mémoire environnementale**, aux **savoirs sensibles** et aux **formes de connaissance non conventionnelles**.
Cette approche rejoint une tradition philosophique de l’architectonique entendue comme structuration rationnelle du savoir, mais redéfinie ici comme une grille **éthique, vivante et citoyenne**.
5. Dispositif opérationnel proposé
a) Cartographie initiale des projets
- Indexation des projets existants liés au G7 et à l’écosystème MontpeLLIA ;
- Représentation sous forme de diktyomnèmes : réseaux de mnèmes citoyens, scientifiques, territoriaux.
b) Ontologie libre
- Élaboration d’un langage de description commun, élargi aux mémoires sensibles, narratives, environnementales.
c) Base de données dynamique + visualisation
- Développement d’une plateforme interactive de consultation, co-écriture et annotation ;
- Utilisation de graphes dynamiques pour cartographier les diktyomnèmes des projets.
d) Livre ouvert de la science citoyenne
- Publication collective évolutive ;
- Inclus récits, analyses, témoignages, visualisations, contributions critiques.
6. Conclusion
La création d’une **Fondation MontpeLLIA**, adossée à une logique d’architectonie libre, constitue une réponse stratégique et philosophique aux enjeux posés par le G7 et les dynamiques contemporaines de la science citoyenne.
Elle rend possible :
- La **co-organisation transdisciplinaire** du savoir ;
- La **visibilisation des mémoires collectives** de la recherche citoyenne ;
- Une nouvelle étape dans la reconnaissance de la **science ouverte comme bien commun**.
Voir aussi
- Science citoyenne
- Architectonique
- Richard Semon
- Mnème
- Diktyomnème
- Conseil international de la science (ISC)
- Déclaration du G7 sur la science 2019
- MontpeLLIA
Évolution du modèle mondial d’innovation (2003–2026) : de la multi-partie-prenance à la recherche libre
1. Phase de réorganisation mondiale (2003–2005)
Les années 2003–2005 marquent une **restructuration systémique des modèles de gouvernance et d’innovation**, avec trois événements fondateurs :
- Sommet Mondial sur la Société de l’Information (SMSI – Genève 2003 / Tunis 2005) :
- Introduction du principe de multi-partie-prenance** (gouvernements, secteur privé, société civile, institutions internationales).
- Déclaration de l’UNESCO sur la diversité culturelle (Paris, 17 octobre 2003) :
- Reconnaissance de la valeur immatérielle du savoir, de la culture et des communs** dans le développement humain et l’innovation.
- Montée en puissance du modèle Quadruple Hélice :
- Transition depuis le paradigme "découverte → invention → innovation" vers une logique de co-création sociétale, où :
- Université – Industrie – Gouvernement – Société civile agissent en synergie.
2. Vingt ans plus tard : l’inflexion post-hélicoïdale (2019–2026)
Une nouvelle bascule émerge dans les années 2020, mise en lumière par le :
- G7 Science Academies Declaration (2019) :
Reconnaît la montée de la science citoyenne hors murs, des écosystèmes ouverts et de la recherche distribuée.
- Transition vers une innovation hybride augmentée par IA :
L’IA n’est plus un outil externe, mais devient une co-actrice dans les processus de recherche, de diagnostic, de création de modèles, etc.
- Cela exige une **participation égalitaire du citoyen**, non plus comme usager mais :
- comme expert du domaine citoyen**, notamment en éthique, expérience vécue, données de terrain.
3. Vers un nouveau modèle : la Recherche Libre et la Co-connaissance augmentée
Ce nouveau modèle :
- N’est plus hélicoïdal mais **polycentrique** ou **réseau** ;
- Repose sur une **coopération symétrique entre institutions, intelligences (naturelles et artificielles) et citoyens** ;
- S’appuie sur la notion de **"Recherche Libre"**, entendue comme :
- non-institutionnelle ;
- ouverte, distribuée, contributive ;
- connectée aux communs numériques.
MontpeLLIA : une initiative pionnière
L’initiative MontpeLLIA (Montpellier + IA) s’inscrit pleinement dans cette dynamique :
- Elle observe, accompagne et expérimente ces transformations épistémiques ;
- Elle fait le lien entre :
- les exigences du G7 Science (recherche libre, co-production de connaissance) ;
- et les nouvelles pratiques de co-innovation augmentée par IA.
> En ce sens, MontpeLLIA incarne une traduction opérationnelle de la transition épistémique décrite par les instances internationales.
Il lui faut maintenant se refonder (Fondation MontpeLLIA) pour porter l'étude et l'accompagnement de cette transition archi-épistémique.