Essais Montpellier

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Manifeste incubateur concitoyen pour l’IA de la mairie de Montpellier

Pourquoi ce manifeste ? (la co‑noèse comme droit et habitude)

Ce que la plupart des gens attendent Aujourd’hui, avec le numérique, nous pouvons discuter librement, partager des avis, voter. C’est une aspiration démocratique. Mais penser ensemble ne se limite pas à discuter ou à voter. C’est aussi une habitude mentale que nous voudrions voir reconnue comme un droit : celui de co‑construire le sens de ce qui nous concerne, en particulier quand l’IA entre dans notre administration.

La co‑noèse, simplement

  • La noèse, c’est penser seul, par soi-même. Nous en avons l'habitude.
  • La co‑noèse, c’est penser ensemble, non pas en additionnant des avis, mais en les reliant comme on tisse un filet. C’est un fait citoyen : celui de ne pas subir les décisions de l’IA, mais de les examiner collectivement, de les valider, de les approfondir, ou de les écarter si nous les pensons bloquées.

Pourquoi c’est indispensable pour Montpellier La mairie veut utiliser l’IA pour des services concrets (urbanisme, social, état civil). Sans co‑noèse, nous serions réduits à deux attitudes : tout accepter (soumission) ou tout refuser (rejet). La co‑noèse citoyenne nous offre une troisième voie : participer activement, décider ensemble, et garder la main sur le sens. C’est une habitude mentale à installer, un droit à exercer.

Un cadre qui existe déjà La mairie de Montpellier a institué une convention citoyenne dans le cadre républicain actuel. Cette convention a été le berceau institutionnel de notre co‑noèse concitoyenne. Nous ne partons pas de zéro : nous prenons appui sur ce dispositif pour lui donner un esprit et des méthodes – penser ensemble, entériner, continuer, bifurquer, élargir, simplifier, écarter ce qui n'est pas justifié, tisser un complexus.

Principe zéro – Partager d’abord le sens des mots

L’expérience montre que la première difficulté de la co‑noèse est sémantique. De nombreux concepts et gestes nouveaux entrent en jeu. Avant toute délibération sur l’IA, nous nous engageons à :

  • Définir ensemble et explicitement chaque terme clé (entériner, continuer, bifurquer, élargir, simplifier, écarter, complexus, etc.).
  • Utiliser des exemples concrets (médecin, professeur, juge) pour s’assurer que chacun comprend de quoi l’on parle.
  • Accepter que ces définitions puissent être révisées en cours de route par l’usage collectif.

Notre état d’esprit – les principes fondamentaux

1. L’humain dispose

L’IA propose des solutions informationnelles. C’est nous, collectivement et individuellement, qui décidons de :

  • Entériner – la proposition suffit, on l’adopte en l’état.
  • Approfondir – la proposition ne suffit pas. L’approfondissement peut prendre deux formes :
    • Continuer dans la même direction (en enrichissant ou en simplifiant).
    • Bifurquer vers une autre direction (en écartant ce qui est jugé non considérable ou bloqué).

2. Bifurquer, c’est écarter et justifier

Bifurquer n’est pas un simple changement de cap. C’est un double acte :

  • Négatif : écarter ce qui est non considéré ou bloqué (pour raisons éthiques, pratiques, existentielles).
  • Positif : proposer une autre voie.

L’écart doit être justifié collectivement : « Ceci est bloqué parce que… »

3. Approfondir, c’est élargir ou simplifier

Lorsque nous approfondissons (continuer ou bifurquer), nous pouvons choisir :

  • Élargir (stabilisateur) – ajouter des dimensions, des garde-fous, des précautions.
  • Simplifier – réduire la complexité, aller à l’essentiel, rendre plus robuste.

Ces deux mouvements sont des actes citoyens légitimes.

4. La co‑noèse tisse un complexus

Notre participation n’est pas un simple vote collectif qui éliminerait les minorités. Nous voulons conjuguer nos avis en un tissage (complexus) où les décisions d’entériner, continuer, bifurquer coexistent et s’enrichissent mutuellement. L’administration devra organiser des dispositifs de délibération en réseau (diktyologiques), non des processus linéaires.

5. L’IA trace des lignes, la cité tisse un filet

Nous ne nous contenterons pas de valider ou rejeter les outils IA. Nous contrôlerons que l’administration garde trace des options écartées, des bifurcations possibles, et que le sens (existentiel) reste toujours du côté des citoyens et des agents humains.

Règle d’usage quotidienne pour les projets IA municipaux

Avant toute mise en place d’un outil IA dans un service municipal (état civil, urbanisme, social, etc.), la mairie organisera une co‑noèse citoyenne selon trois temps :

  1. Décider : entérine-t-on ? continue-t-on ? bifurque-t-on ?
  2. Justifier l’écart (si bifurcation) : pourquoi cette proposition est‑elle non considérable ou bloquée ? Quelle direction alternative est proposée ? (et si l’on élargit ou simplifie)
  3. Tisser le complexus : on ne gomme pas les options minoritaires. On conserve la trace des bifurcations et des écarts. Le résultat est un tissage vivant, non une moyenne.

Version carte postale (à afficher)

L’IA propose. La co‑noèse décide : entériner, continuer, ou bifurquer.
Bifurquer, c’est écarter ce qui est bloqué – avec justification.
Approfondir, c’est élargir ou simplifier.
Le complexus tisse même les directions écartées.
Ainsi l’informationnel augmente l’existentiel, sans l’écraser.

Conclusion pratique

Ce manifeste est notre état d’esprit pour accompagner, contrôler et co‑construire le passage de l’administration montpelliéraine sous IA. Il prend appui sur la convention citoyenne déjà instituée par la mairie dans le cadre républicain. Il est l’expression de la quatrième hélice – la société civile organisée.