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Lignée ethnopraxologique : Caton, Mollon-Morfin, et la transmission d‘une connaissance incarnée

Présentation

Cette page présente une lignée de pratique intellectuelle sur quatre générations, que l’on peut lire rétrospectivement comme une ethnopraxie historicisée : une connaissance de l‘humain acquise par l’immersion, transmise par le récit, et approfondie par la collaboration en tandem.

Elle ne constitue pas un article encyclopédique au sens de Wikipédia, mais un document mémorisable destiné à être relu, complété et transmis.

Les quatre moments de la lignée

1. Joannès Caton : l‘ethnopraxie vécue (1844-1921)

Joannès Caton, ouvrier chapelier et participant de la Commune de Paris, fut déporté en Nouvelle-Calédonie après 1871. Interné à l‘île des Pins, il tint un journal au jour le jour, d’abord sur des cahiers d‘écolier, puis repris et dicté à ses filles.

Ce journal, publié tardivement sous le titre Journal d’un déporté de la Commune à l‘île des Pins, ne se limite pas au récit de captivité. Caton y décrit la nature néo-calédonienne, les animaux, les plantes, les paysages, mais aussi les habitants et leurs modes de vie. Il apprend l’anglais, explore l‘île, partage la vie du peuple local.

On peut lire ce geste comme une ethnopraxie vécue : une connaissance acquise par la participation et l’immersion, avant toute théorisation méthodologique.

2. Charles Mollon et Xavier Morfin : la tandemisation professionnelle

La génération suivante introduit une tandemisation du travail intellectuel. Charles Mollon, agrégé d‘anglais et docteur ès lettres, et Xavier Morfin, professeur en poste à Montpellier, publient ensemble chez Vuibert deux manuels d’enseignement de l‘anglais :

  • Études de grammaire anglaise. Méthode descriptive et comparative (1935, réédité en 1941)
  • L’Entraînement grammatical (Training in English Grammar) (1937)

Leur collaboration est un travail commandé, inscrit dans l‘édition scolaire. Mais c’est aussi un tandem au sens fort : deux compétences complémentaires, une méthode co-construite, un outil produit à quatre mains.

3. Henri Morfin et Georgette Mollon : le dyotium

Georgette Mollon, fille de Charles Mollon, épouse Henri Morfin. Ensemble, ils approfondissent la tandemisation en la déplaçant du travail commandé vers l‘'otium' : un loisir studieux partagé, consacré à la généalogie, à la mémoire familiale et à l’écriture commune.

On propose de nommer dyotium cette pratique : un otium en binôme, un temps libre choisi consacré à la production de connaissance à deux.

Georgette Morfin, sous le pseudonyme Hélène Coudrier, publie la série Jean de Fontfraîche (1971-1977), qui suit une lignée familiale à travers les siècles, de la Gaule à l‘époque moderne. Chaque roman met en scène un enfant d’environ onze ans. La critique rattache cette œuvre à la Nouvelle Histoire des années 1970, qui déplace le regard vers les gens ordinaires.

Ce que l‘on peut ajouter, dans le cadre de l’ethnopraxologie : Georgette Morfin n‘a pas seulement choisi un sujet historiographique. Elle a historicisé une pratique familiale de connaissance — celle de son grand-père Joannès Caton — en la transformant en patrimoine narratif transmissible.

4. La génération suivante : l’ethnopraxologie réfléchie

La réflexion se poursuit aujourd‘hui dans un contexte nouveau : le contexte numérique. L’ethnopraxie y devient le véhicule intellectuel pour étudier l‘humain dans un environnement où la médiation technique est constitutive de l’expérience.

L‘ethnopraxologie, entendue comme étude quadripolaire de la nature humaine, permet de relire l’ensemble de la lignée :

  • Pôle de l‘observation immersive : Caton, dans son journal.
  • Pôle de l’historicisation narrative : Georgette Morfin, dans ses romans.
  • Pôle de la collaboration studieuse : le dyotium Henri-Georgette.
  • Pôle de la réflexion méthodologique : la génération actuelle.

Tableau récapitulatif

Génération Pratique Régime
Joannès Caton Ethnopraxie vécue (journal, immersion) Solitude de l‘exil
Charles Mollon + Xavier Morfin Tandem de travail (manuels scolaires) Travail commandé
Henri Morfin + Georgette Mollon Dyotium (généalogie, mémoire, écriture) Otium choisi
Génération actuelle Ethnopraxologie réfléchie (numérique) Transmission théorique

Notes et précautions

  • Les faits biographiques concernant Joannès Caton, Charles Mollon, Xavier Morfin et Georgette Morfin sont documentés par des sources publiques (Maitron, notices bibliographiques, catalogues d’éditeurs).
  • Le terme dyotium est un néologisme proposé dans le cadre de cette page. Il ne dispose pas de source externe.
  • L‘expression ethnopraxie historicisée est un cadre interprétatif, non une catégorie académique établie.
  • La filiation entre Joannès Caton et Georgette Morfin (née Mollon) est ici présentée comme un élément du récit familial. Elle nécessiterait une confirmation par archives généalogiques pour être utilisée dans un contexte encyclopédique.

Voir aussi

Catégorie:Ethnopraxologie Catégorie:Coécriture Catégorie:Transmission familiale