Support de l'Etat Français à la recherche citoyenne
support de l'Etat Français à la recherche citoyenne
L'État français soutient la recherche citoyenne à travers une stratégie nationale qui combine des financements dédiés, la création de structures d'accompagnement et l'intégration de ces pratiques dans les missions des établissements de recherche.
Une stratégie nationale et un cadre incitatif
La volonté politique de soutenir la recherche participative se manifeste à plusieurs niveaux :
- Le label SAPS : Le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche a labellisé des projets "Science avec et pour la société" (SAPS). Cette labellisation est un gage de reconnaissance et permet de financer des initiatives comme le projet Popact, porté par les universités d'Angers et du Mans, qui agit en faveur de la prévention et de la santé en région en s'appuyant sur les sciences participatives.
- Une pression institutionnelle : La demande de rapprocher la science et la société est devenue une tendance forte de la part du ministère, ce qui influence les orientations de la recherche et les critères d'évaluation des chercheurs.
Des financements directs pour les projets
L'État met en place des appels à projets spécifiques pour amorcer des dynamiques de recherche partagée.
- "L'appel à projets "Émergence Recherche Partagée" ": Financé par le label SAPS TeePee, il propose des fonds allant jusqu'à 4 000 euros par projet. Son objectif est d'accompagner la phase de rencontre et d'interconnaissance entre les acteurs académiques (chercheurs) et les acteurs de la société civile (associations, collectifs, collectivités) avant l'élaboration d'un projet de recherche participative plus conséquent.
Un soutien structurel via les universités et leurs partenaires
Le soutien ne se limite pas aux financements ; il passe aussi par la création de structures permanentes dédiées à l'accompagnement.
- Le pôle OPUS de l'Université de Strasbourg : C'est un exemple phare en France. Il s'agit d'un service unique dont la mission est de structurer un écosystème pour accompagner les démarches de recherche participative. Son financement est conséquent : 7 millions d'euros sur la période 2020-2028. Il ne se contente pas de répondre à des demandes, il va de manière proactive à la rencontre des acteurs du territoire (associations, entreprises, collectivités) pour fédérer des collectifs mixtes capables de co-construire des projets de recherche dès leur conception.
- Le rôle des établissements : Ce type de soutien est pleinement intégré dans ce qu'on appelle la "troisième mission" des universités, qui consiste à renforcer leur lien avec la société. L'Université d'Angers, par exemple, considère que la médiation, l'ancrage territorial et l'ouverture vers de nouveaux publics sont des moyens essentiels pour exporter les connaissances hors des laboratoires.
Une dynamique portée par un écosystème élargi
L'État agit souvent en partenariat avec des acteurs majeurs du mécénat et de la recherche pour amplifier son action.
- Partenariats avec la Fondation de France : Des appels à manifestation d'intérêts sont lancés conjointement pour la conservation de la biodiversité. Par exemple, la Fondation de France peut financer une phase d'émergence de projet à hauteur de 15 000 €, puis un projet consolidé jusqu'à 150 000 € sur deux ans, avec un accompagnement méthodologique de l'association "Sciences Citoyennes".
- Projets collaboratifs : Des structures comme le pôle OPUS fédèrent déjà de nombreux partenaires (CNRS, Inserm, Fondation de France, Ademe, etc.), démontrant que le soutien à la recherche citoyenne est une dynamique portée par l'ensemble de l'écosystème de la recherche.
En résumé, le soutien de l'État est multidimensionnel : il est financier, structurel et politique, avec pour objectif de normaliser et d'institutionnaliser la co-construction des savoirs entre scientifiques et citoyens.