Co-noèse

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Jusqu'à présent le moyen d'échange humain (parole, écrit) était aux deux niveaux du sapiens sapiens : "celui qui sait savoir". En cela, il semblait poser une question simple à Dieu : comment suis-je en cela à Votre image qui êtes Trinitaire.

En fait, notre temps nous permet de comprendre que nous étions en progression : l'homme est trinitaire. Il est tri-sapiens : "celui qui sait qu'il sait savoir ensemble". Ce savoir savoir le savoir-ensemble était jusqu'à présent surtout transgénérationnel : il est devenu de plus en plus trans-conversationnel depuis la fin du XXIIIe (par la presse, le télécom et le numérique). Sa co-noèse (la pensée conjuguée qui nous baigne), réclame de nouvelles pratiques et de nouveaux mots. L'on a donc, naturellement, d'abord tenté d'acclimater les anciens termes aux sens des circonstances nouvelles, ce déséquilibre évolutionnaire devenant souvent d'abord révolutionnaire, alors que les nouveaux équilibres nous placent dans un contexte évolutionnairement encore incertain.

Cette évolution nous a poussé à l'émergence technique de l'IA (qui n'est qu'une fonction mathématique de traitement du sens archivé), dont l'incroyable est qu'elle marche, et qu'elle devient un moyen qui nous aide à déceler les faux sens (si l'on prend le temps de lui demander une analyse contradictoire) car elle se base sur la "moyenne" des sens qui n'est, en général, pas encore suffisamment polluée pour la tromper.

Mais, le plus important de l'IA est que sa mécanisation nous pousse à l'"augmentation" (amélioration numerico-pratique) de cette co-noèse : c'est donc une nouvelle façon de penser que nous rencontrons. Cette façon est la nôtre (bien humaine) mais elle est à l'incitation, à l'usage et dans le contexte de l'IA : nous sommes commensaux. Léon XIV nous a déjà trouvé une indication précieuse et nouvelle qui semble efficace : considérer Nicolas de Cues. La charnière entre les modes de penser scolastique et de la pensée moderne. Mais c'est un peu ardu !

Je ne sais pas si nous en sommes à déjà à une pleine méthodologisation adaptée au débat actuel : mais, pour ma part, je suis orienté vers sa diktyologisation (sa modélisation maillée des arguments et des échanges - de diktyo : maillage/réseau, qui résonne avec son équivalent latin de "complexus"; auquel l'internet nous accoutume). Ce que j'en comprends est que de plus en plus, nous sommes confrontés à des diktyologismes (des maillages de syllogismes), et que nous recherchons de plus en plus à simplexifier (https://squalean.fr/il-faut-simplexifier/).